Saverne - Le trio Desdémone en concert

Quatre univers pour une belle exploration

DNA_18 octobre 2015

Le trio Desdémone, soutenu par l’association AJAM (amis des jeunes artistes musiciens), a donné un concert redonnant tous leurs timbres à quatre œuvres originales.

 

Le trio Desdémone a su explorer les possibilités originales de trois instruments de caractère. Photo DNA D.W.

Le concert qui s’est tenu à l’Espace Rohan de Saverne était offert par le conseil départemental et l’Adiam 67. Joséphine Besançon à la clarinette, Julie Le Gac au violon alto et Bianca Chillemi au piano forment le trio Desdémone. Un trio uni et unique. En effet, leur complicité est manifeste et lie fortement les instruments aux timbres complémentaires.

On pense que c’est Mozart qui a savamment cuisiné l’association piano-alto-clarinette lors d’une partie de quilles avec des amis musiciens. Pour honorer la genèse de cette association le trio a naturellement mis au cœur du concert le Trio « les quilles » du célèbre compositeur. Le public a pu retrouver le thème bien connu, repris avec insouciance dans l’andante, puis violon et clarinette semblent s’affranchir du piano qui les soutient dans leurs échappées fines et légères.

En quête d’apaisement

Dans la même lignée, le trio a exploré l’univers merveilleux et romantique des Märchenerzählungen de Robert Schumann. Une œuvre chère à l’auteur dans laquelle il se reconnaît. La musique y devient narrative et doit incarner les enchantements des contes. Les instruments ont su servir les teintes magiques où surgissent des mouvements plus forts marquant les inquiétudes. Mais à la fin, comme dans les contes, l’équilibre et la joie prennent le dessus dans une fusion dynamique des instruments.

Le public a eu l’occasion d’entendre quatre extraits des huit pièces pour clarinette, alto et piano de Max Bruch, compositeur romantique du XIXe siècle qui s’inscrit dans la veine des géants que sont Mozart et Schumann. Et Bruch n’a pas à rougir de son œuvre dans laquelle il cherche plutôt des colorations apaisées. On est en présence d’une ambiance de fin de jour où le relâchement est traduit pas une clarinette qui s’étire, l’alto qui s’allonge et le piano qui s’atténue.

Des instruments de caractère

Mais le trio Desdémone ne voulait pas en rester là. Il a aussi proposé une œuvre contemporaine : les six bagatelles de Philippe Hersant. Bagatelles… Le titre est trompeur car l’écriture de l’auteur traverse les genres. Le piano a un timbre sépulcral avec une clarinette et un alto non moins psychotiques. Les bagatelles prennent des allures de danses macabres avec des instruments qui abandonnent la recherche d’harmonie au profit de sonorités brutes.

Le concert s’est terminé par un rappel sous la forme d’une danse plus classique. Le public, accompagné par le trio Desdémone, a retenu une très belle exploration tout à fait unique de quatre univers possibles pour trois instruments à fort caractère.

 

 

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