Altkirch - Un concert de l'AJAM

Petit prodige

DNA_04 avril 2015

L’École de Musique du Sundgau a pris pour habitude de s’associer à l’AJAM pour proposer des concerts hors du temps avec de jeunes virtuoses promis à un bel avenir.La preuve encore récemment avec Jean-Sébastien Ponchel, guitariste classique soliste.

Avec un tel prénom, il ne pouvait que tomber dans la musique. Jean-Sébastien Ponchel, 23 ans, a choisi la guitare comme instrument prédestiné, qu’il a commencé à seulement 11 ans. Un talent inné pour un apprentissage accéléré, via le Conservatoire Royal de Bruxelles notamment.

Dense et maîtrisé

Dans la salle des Hussards du Conseil général au Quartier Plessier, les quelque 40 spectateurs (sacrés veinards) ont apprécié, durant plus de 90 minutes, un programme éminemment dense et ô combien maîtrisé. Sans partition, ce qui semble bien sûr naturel pour le professionnel qu’il est, mais qui ne manque pas d’étonner pourtant, Jean-Sébastien Ponchel a montré toute l’étendue de son talent. Doté de doigts en or, le guitariste n’a plus deux mains mais quatre ! Ses sonorités se démultiplient, comme sur la pièce « La Catedral » du Paraguayen Augustin Barrios. Trois mouvements composent une large palette musicale (prélude, andante religioso, allegro), des basses et des aigus sur la même ligne ; la cloche de la cathédrale a résonné, comme il l’a expliqué avec des mots.

Très généreux

Très généreux, il n’hésite pas à en refaire la démonstration technique pour un public qu’il s’est mis totalement dans la poche dès les premières mesures du concert. Sa performance hors norme s’est illustrée de pièces complexes composées par le Brésilien Villa-Lobos, les Espagnols Joaquin Turina et Joaquin Rodrigo, à la couleur impressionniste, ou encore Emilio Pujol dont le « Guajira » a évoqué Cuba avec toute la force de ses pizzicati.

La sérénade n’avait plus de limite et le public en a redemandé. Sans qu’il y soit obligé, ce sont bien deux rappels qui ont été joués, dont le fabuleux « Recuerdos de la Alhambra » de Francisco Tárrega, mettant encore plus en lumière la virtuosité et la rapidité d’exécution d’un Jean-Sébastien Ponchel entré de plain-pied dans une carrière qui s’annonce exceptionnelle.

Géraldine Cognard-Gross

 

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