Haguenau - Un apéritif-concert au Théâtre

Vent de jeunesse sur les classiques

DNA_2 février 2015

Cette saison, le relais culturel de Haguenau innove en consacrant des dimanches matins à la musique classique. Le quintette à vents Odyssée animait, hier au Théâtre, le troisième de ces rendez-vous, voulus simples, conviviaux et familiaux.

La musique de chambre a pris ses marques au Théâtre de Haguenau en octobre ; un conte musical joué par la Philharmonie de poche a suivi en décembre. Hier matin a résonné la troisième et avant-dernière étape du parcours dédié à la musique classique, tracé pour la première fois cette saison par le relais culturel. En programmant quatre concerts d’une heure, tous suivis d’un apéritif, les dimanches à 11 h, l’équipe d’Eric Wolff n’a pas seulement choisi de faire une place au « grand » répertoire : elle propose surtout, par ces « petites formes », du classique sans complexes. Et ouvre, notamment, la porte aux familles.

Ainsi, hier, si les travées n’étaient certes pas remplies, elles étaient occupées par beaucoup d’enfants, parfois très jeunes, venus à la rencontre du quintette à vents Odyssée — une formation dont la moyenne d’âge, dans la vingtaine, contribuait tout autant à souffler un vent de jeunesse sur la salle. Les cinq musiciens, collectionnant les prix et tous issus du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, achevaient à Haguenau une tournée chapeautée par les Amis des jeunes artistes musiciens (Ajam), à cette occasion en partenariat avec l’École municipale de musique et danse et l’association le Moment musical de Haguenau.

Prokofiev, Bizet et Barber

Le quintette Odyssée avait intelligemment étalonné son programme. Emmener les petits faire « un tour dans les grands prés verts » avec Pierre et le Loup était l’occasion de les escorter en terrain connu (les ritournelles du conte musical composé en 1936 par le russe Sergueï Prokofiev sont des tubes dès la maternelle), tout en présentant chacun des instruments — et donc les musiciens. La flûte traversière de Joséphine Olech, à l’origine du quintette Odyssée, mimait l’oiseau vif et léger ; le hautbois de Guillaume Gerbaud le canard étourdi ; la clarinette de Joséphine Besançon le chat qui rôde ; le basson de Jean Detraz le sévère grand-père. Quant au loup, aussi craint qu’attendu, c’est le cor d’Alban Beunache qui s’y collait.

La formation proposait aussi un petit tour à l’opéra. En jouant cinq extraits de Carmen , indémodable œuvre de Bizet (datant de 1875), le quintette a là encore, avec des airs forcément déjà siffloté en famille, su captiver son auditoire. Sans compter l’excellence et l’aisance de l’exécution, le son aérien et délicat de la musique de chambre, dépourvue de décorum, offrait une gaîté et une simplicité idéales pour faire ses premiers pas dans l’univers du classique.

L’inconnu est peut-être venu de Summer music , opus de 1953 de l’Américain Samuel Barber. Ce petit trésor du répertoire moderne est un incontournable pour tout quintette à vents, puisque précisément composé pour une telle formation. Cor basson, flûte, clarinette et hautbois y sont tour à tour mis en valeur, au fil d’une mélodie empreinte de langueur estivale. En ce matin d’hiver, les parents comme les enfants ont trouvé fort agréable d’imaginer un vent chaud balayer la salle… tandis que, dehors, les flocons tombaient drus sur le Théâtre.

 Céline Rousseau

 

 

Connexion