Strasbourg - Le Quatuor Varèse - Musique

De Mozart à Dutilleux

DNA_Cahier Culture_30 avril 2015

Avec un quatuor de Mozart et Ainsi la nuit de Dutilleux, le Quatuor Varèse a donné, au Conservatoire de musique, toute la mesure de son talent sanctionné par des prix internationaux.

 

Le quatuor en la majeur de Mozart est une œuvre sereine, assombrie seulement par les modulations et contrastes de rigueur dans le cadre du quatuor classique. Volontiers théâtrale, l’interprétation vit par un grand engagement, tout en restant élégante. On aurait aimé ça et là que le jeu des instruments graves égale en finesse celui du 1er violon, pour parfaire une cohérence déjà remarquable.

Dans Ainsi la nuit , les quatre artistes déploient leur maîtrise de la musique contemporaine. Passée une certaine surprise face à la complexité de cette partition, on y entre avec plaisir. Et ce d’autant plus que la réalisation est magnifique : les effets les plus sophistiqués, voire les plus âpres, restent dans une rondeur sonore et une ligne musicale limpide. Comme souvent chez Dutilleux, les divers épisodes créent une musique très plastique, visuelle autant que sonore. Rares sont les compositeurs qui arrivent à donner une telle consistance à l’hyper fragmentation du langage contemporain.

En seconde partie, le Quatuor Varèse joue le dernier quatuor en fa majeur de Beethoven. Dans ses quatre mouvements, l’œuvre oscille entre hésitation et plénitude. Comme chez Mozart, les contrastes s’articulent de manière théâtrale. Pourtant, l’interprétation reste éloignée du style mozartien du début de concert : les musiciens en donnent une lecture analytique et de surcroît engagée. Admirable Lento assai, où une longue cantilène du 1er violon s’épanouit tandis que le passage central, morcelé de silences, se développe dans une tension toujours plus déchirante.

En bis, les musiciens offrent le mouvement de quatuor en ut mineur de Schubert, pour une fin énergique et passionnée.

 

Gilles Toussaint

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